S’engager pour la Hongrie, s’engager pour l’Europe / Standing up for Hungary, standing up for Europe (see below the English text)
En des temps où, face à un endettement largement hérité et des craintes existentielles partagées par une population de plus en plus pessimiste, le gouvernement de Viktor Orbán présente des remises en causes patentes des droits fondamentaux comme les armes nécessaires au maintien de la souveraineté nationale, tous les Européens, Hongrois compris, sont mis en demeure de sortir de la logique de la peur et de l’enfermement « entre soi ».
Si le respect de la séparation des pouvoirs dans le domaine économique est un point sensible aujourd’hui pour les élites européennes, c’est l’élan de solidarité civique européenne qui seul peut sortir l’Union de l’impasse. Il se doit de regrouper toutes les forces du spectre politique et culturel européen qui acceptent de ne pas recourir à la peur de l’Autre pour se légitimer. Les Hongrois et tous les Européens doivent savoir que l’Europe n’est pas une machine à éradiquer les minorités, à briser les solidarités, à détruire les « petites » langues et cultures.
Au contraire, après une phase de construction où les élites ont longtemps prétendu faire l’Europe par contrainte économique, mais en revenant toujours au graal national pour se légitimer, il est maintenant l’heure de passer à la solidarité sociale et à la solidarité civique.
La presse hongroise se faisait l’écho, début janvier, de positions qui justifiaient le gouvernement en place au nom de la défense de la souveraineté nationale et du droit de chaque État à stigmatiser les menaces étrangères, à limiter l’espace de la critique dans les médias publics et autres. Et l’argumentaire très officiel de défense de la loi sur les médias relève tous les cas douteux d’empiètements des exécutifs sur la liberté des médias (France, Portugal, Italie, contrôle accru de la BBC, et autres) pour justifier les choix officiels hongrois.
L’enjeu hongrois est donc bien européen. Nous appelons, en tant que citoyens européens, les lecteurs de cet appel pour une Europe de la concitoyenneté, à le signer afin de manifester clairement leur soutien à une Europe fondée sur une perspective de solidarité citoyenne, à l’heure où le Parlement, la Commission et le Conseil (en dernier lieu) européens entament l’étude des mesures prises par le gouvernement hongrois. Il s’agit d’encourager tous ceux qui le désirent à montrer aux autorités européennes et hongroises que le désir de vivre ensemble harmonieusement est bien le plus fort.
Actuellement, la poussée des extrêmes-droites dont la Hongrie fournit un exemple frappant, repose sur les angoisses liées à la sécurité de la famille et du pays et sur le refus d’un monde de paix, d’égalité et d’absence de préjugés.
Il est important que toutes les autres forces de la société européenne aient le courage d’affirmer qu’il est possible de vivre ensemble, de coopérer, de s’appuyer sur les droits fondamentaux formulés dans la Charte entrée en vigueur en décembre 2009, et de poursuivre des débats politiques en acceptant alternance, critique, transparence à l’échelle de toute l’Union européenne. Le test hongrois des mois à venir sera très important. Il porte sur toutes les lois liberticides de l’Union, mais aussi sur l’horizon européen d’après la guerre froide, autrement dit sur la possibilité d’une nouvelle culture politique européenne. Le choix est simple, égoïsme nationaux et disparition économique et culturelle d’un côté, création d’un nouvel espace politique et culturel de l’autre. La peur du changement est bien sûr fort présente, surtout chez les élites en place et chez tous ceux qui craignent pour leur sécurité personnelle. Sachons la surmonter ! À tous les concitoyens de l’Union de se manifester maintenant.
Cette pétition a été lancée le 13 janvier 2012 de Bruxelles, Budapest, et Paris par Jean-Michel De Waele, professeur de sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles, Ildikó Szabó, Professeur retraité de sociologie à l’Université de Debrecen, et Paul Gradvohl, maître de conférences à l’Université de Lorraine. Elle sera remise aux représentants des trois institutions européennes mentionnées : Parlement, Commission et Conseil.
Les versions dans les diverses langues européennes seront publiées sur le groupe Facebook ouvert “S’engager pour la Hongrie, s’engager pour l’Europe”: http://www.facebook.com/groups/219837941434084/
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In these times, when faced with a largely inherited debt and existential fears shared by an increasingly pessimistic population , the government of Viktor Orbán is introducing blatant violations of fundamental rights by presenting them as being the necessary tools to ensure national sovereignty all Europeans, and Hungarians as well, must refuse the logic of fear and isolation.
If respecting the separation of powers in the economic realm is a focal point for European elites today, it is only a strong movement of civic solidarity that can help Europe out of this dead end. This momentum must bring together all the players of the european political and cultural spectrum who do not choose to use the fear of the other to establish their legitimacy. Hungarians and all Europeans must know that Europe is not a tool of eradication of minorities, of abolition of solidarities, of destruction of “small” languages and cultures.
On the contrary, after a phase of construction in which elites have long claimed to be building Europe because of economic constraints but still constantly returning to the national grail for legitimacy, it is now time to move on to social and civic solidarity.
In early January, the Hungarian press echoed positions that backed the current government’s right to limit the scope of criticism in public or private media in the name of defending national sovereignty and the right of each State to stigmatize foreign threats. And the very official argument in defense of the media law quoted all the cases of executive encroachment on media freedom (France, Portugal, Italy, increased control of the BBC, and others) to justify the official choice of Hungary.
The Hungarian issue is thus clearly European. As European Citizens, we call on those who read this call for a Europe of shared citizenship, to sign it in order to manifest clearly their support for a Europe based on a perspective of civic solidarity, at a time when the European Parliament, Commission and lastly Council are undertaking a review of the measures taken by the Hungarian government. This is to encourage all those who wish to show the European and Hungarian authorities that the desire to live together in harmony is indeed the strongest.
Currently the growth of the extremes on the right, of which Hungary is a striking example, is based on anxieties over the safety of family and country and the refusal of a world of peace, equality and free of prejudice.
It is important that all other forces of European society have the courage to say that it is possible to live together, to cooperate, to rely on the fundamental rights embodied in the Charter which came into force in December 2009, and to pursue political debates by accepting alternatives, criticism and transparency at the level of the whole European Union. The Hungarian test of the coming months will be very important. It addresses all the draconian laws within the Union, but also the post-Cold War European horizon, i.e. the possibility of a new European political culture. The choice is simple, national selfishness and economic and cultural demise on one side, creation of a new political and cultural space on the other. Fear of change is naturally very present, especially among the elites in power and all those who fear for their personal safety.Let us overcome it! It is up to all the citizens of the Union to come forward now.
This petition was started on January 13th 2012 in Brussels, Budapest and Paris by Jean-Michel De Waele, professor of political science at the Université libre de Bruxelles, Ildikó Szabó, retired professeur of sociology at the University of Debrecen and Paul Gradvohl, lecturer at the Université de Lorraine. It will be delivered to the representatives of the three European institutions mentioned above: the Parliament, the Commission and the Council.
For other languages, check the “Docs” of the Facebook group “S’engager pour la Hongrie, s’engager pour l’Europe”: http://www.facebook.com/groups/219837941434084/
If you need some help to sign the petition, please use the “How to sign” document of this Facebook page. It explains everything in English.